L'affaire du siècle

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mercredi 17 mai 2006

Comme des images ...

Long trajet en train vers Nancy, mais cela a son charme, les trains sont désormais à grande vitesse. On prend donc son temps pour arriver à Epinal. Tant mieux, cela permet de voir la nature progressivement verdir, pour devenir verdoyante.
Pour un parisien c’est plus qu’appréciable, c’est de la délectation.

Premier contact avec Nancy, on sort d’un côté, on nous attend de l’autre.
Ça nous permet d’admirer une église et de visiter la future gare de TGV.

Les Imaginales sont une première pour moi. Elles ne seront pas une dernière.
On nous accueille avec beaucoup d’attention et d’amabilité : Elisabeth Del Genini, adjointe du Maire Michel Heinrich, Bernard Visse – Directeur du festival, Stéphanie Nicot – Directrice artistique…
Quelques impressions en vrac, quelques images d’Epinal. Une rivière, la Moselle, qui coule entre des rives boisées, un parcours de kayak emménagé attend les kayakistes, les différents points de rencontre du Festival sont montés près de l’eau : une tente, un chapiteau, un édifice en dur tout blanc, l'ensemble s'étend sur une parcelle d'un parc aux beaux arbres.

Sous la tente, les livres, les auteurs, juste à côté le chapiteau, c’est là que se déroulent les rencontres.
La coupole du chapiteau est ajourée de verres bleus et rouges.
Il pleut quand nous arrivons, l’air est humide mais, pour un parisien, pur... On sent la nature, l’oxygène et la chlorophylle.
Beaucoup de mélèzes et des feuillus. Les platanes étalent déjà leurs grandes feuilles, les marronniers sont en fleurs, sur les hauteurs, la forêt.
Il y a un peu de brume.
Bernard Visse est souriant mais je le sens inquiet, comment ne pas l’être quand on voudrait que tout soit parfait.
En dépit de tous les efforts, rien n’est jamais parfait, mais la générosité de l’accueil vaut mieux que les organisations lisses et sans âme.
Aux Imaginales, les choses marchent bien, mais on garde toujours le facteur humain en référence.

Ma rencontre avec Pierre Pelot en sera le point d’orgue ; je le connais depuis des années, j’ai lu beaucoup de ses livres, je lui ai même téléphoné il y a quelques années. Notre rencontre est un magnifique moment, c’est un artiste authentique, et on se sent tout de suite bien avec lui. Il est franc, ouvert, il matérialise, rien que par sa présence, la densité de la création.
On sent qu’il ne s’arrête jamais, et qu’il continuera sa route quoiqu’il advienne.
Comment parler de lui sans penser à Irma, sa femme. Si l’idée du couple peut avoir des détracteurs, à eux seuls ils donneraient l’envie de tenter l'expérience.
C’est réconfortant.

Nous avons beaucoup parlé Pierre et moi et franchement, sans la fatigue, on aurait bien continué encore, on va d’ailleurs le faire.

Je ne peux pas décrire ce trop court séjour sans mentionner les fêtes nautiques de Bernard Visse.
La Moselle est occupée par un ponton sur lequel trône un Phénix, il s’apprête à renaître de ses cendres. C’est le clou de la soirée.
Une fête de lumière sur les eaux. On se presse devant l’oiseau mythique, mais le mythe en a pris un coup.
La pluie, qui maintient les arbres et les plantes en grâce, a aussi frappé l’oiseau, une aile s’est affaissée, ce sera un Phénix blessé qui prendra feu dans une atmosphère saturée d’eau. L’eau et le feu n’ont jamais fait bon ménage.
L’exploit n’en ait que plus remarquable. L’artificier héroïque qui préside à l’allumage déploie une grande énergie pour allumer toutes ses fusées, la pluie a tout mouillé, mais il ne se démonte pas et réussit peu à peu à allumer tout un dispositif qui vient bientôt embraser le site et qui rend au Phénix, l'espace de quelques instants magiques, toute sa magique prestance.
Il y a du monde aux fenêtres. Bernard Visse vit l’enfer...
Je compatie, nous aussi dans le cinéma nous jouons souvent avec le feu et c’est toujours dans l’anxiété. Que Bernard se rassure, il en est ainsi depuis Vatel. Mais le spectacle, s’il est un peu lent à démarrer, n’en sera que plus émouvant. L’atmosphère saturée d’humidité ajoute aux fusées, au feu, un halo spectral. Nous sommes à Bagdad le jour J, l’eau me rappelle les Malouines, mais je préfère penser à Loengrin et à Louis II de Bavière.
Nous sommes bien dans le fantastique et cette hardie pyrotechnie déclenche mon enthousiasme.
Le feu reste toujours magique, les reflets sur l’eau décuplent les effets. Tant pis pour les grincheux.
On ferait un spectacle de Hulla Hoop qu’ils y trouveraient encore à redire.
Le Phénix se consume, il renaîtra de ses cendres l’année prochaine et j'espère être là pour le voir.

Nous allons, Jean-Pierre Gattégno et moi-même, au cinéma rencontrer le public qui nous a fait l’honneur d'assister à la projection de Mortel Transfert.
Des personnes aimables nous apportent des livres, des BD et des DVD à dédicacer.

C’est important que les Spinaliens sachent que l’on vient de loin pour ce festival et que l’on viendra toujours plus nombreux pour leur accueil et l’énergie que déploient les organisateurs de la manifestation.
Qu’ils en soient tous remerciés.

Je croise encore Harry Harrison, Francis Berthelot, Philippe Caza, Joëlle Wintrebert… et je suis probablement l'un des derniers à rentrer, lundi, à Paris.

NB : J'ai retrouvé le titre du film que nous cherchions tous sous le chapiteau, c'est une film qui trouverait bien sa place aux Imaginables.
Peter Ibbetson (1935). Le metteur en scène est Henri Hathaway.
C'est une adaptation de Georges L. du Maurier.
Gary Cooper joue Peter Ibbetson et Ann Harding Mary, duchess of Towers.

Pour plus de détails, cliquez ici !


Fascinantes gélatines colorées du Magic Mirror


"Aussi tôt arrivé, aussi tôt un micro dans la main" dira le Maire, Michel Heinrich


Conversation avec les spectateurs de Mortel Transfert (Stéphanie Nicot, Isabelle Vanini, Jean-Pierre Gattégno, Jean-Jacques Beineix)


Le Phénix avant


Le Phénix pendant ...


Même dans les "Manoirs" il y a un ascenseur


Conférence sur l’adaptation (Stéphanie Nicot, Jean-Pierre Gattégno, Jean-Jacques Beineix)


Jean-Pierre Gattégno en dédicace


Entre les chauves-souris de Cora et celle de Betty...


Interview pour www.fantasy.fr


De drôles de créatures dénudées rôdent aux Imaginales ... Celle-ci a été peinte par Thibault de Lobel-Mahy


Etonnant communiant du Magic Mirror


Pierre Pelot, Jean-Jacques Beineix... "Parce que c’était lui..."

jeudi 4 mai 2006

Chat sur le nouvelobs.com

Mercredi 3 mai, siège du Nouvel Observateur – place de la Bourse, Paris 2ème.
16h55... à quelques minutes de l’arène où attendent les chatteurs, il faut accéder au « Forum » : une cellule ressemblant à une rédaction dans la rédaction, où s’affairent des jeunes gens (précaires ?) tous rivés à des écrans.

17h. L’invité goûte à la vie de bureau au Nouvel Obs : l’un des hôtes laisse sa place, ses quatre murs, son poste unique, pour que le chat puisse commencer. Rapide prise en mai du #§Ω !! Ciel un PC, que vais-je faire sans mon ergonomie Mac et cette interface que je ne connais pas, allons, on ne va pas se laisser démonter pour si peu - questions / réponses.
(entre nous, le monsieur qui occupe le bureau, je lui conseillerais de changer son clavier, il va se casser les poignets, non, je plaisante pas, trop incliné son clavier).

17h01. Jean-Jacques Beineix est seul... lancé à vive allure sur les autoroutes de l’information et de la communication. La porte est fermée, les rideaux sont tirés. Il paraît qu’il y a la clim.

On va sortir à 19h, j'ai répondu à toutes les questions, sauf une que j'ai trashée, vraiment trop conne, et il m'en faut beaucoup.

Un erratum à la question suivante, c'est pas ce que je voulais dire, c'est important de ne pas laisser passer un truc qui ne va pas :

Question : Certains de vos films ont marqué ma vie d’ado et de jeune adulte, or les jeunes d’aujourd’hui trouvent le cinéma français ’ringard’ et ne jurent que par les films américains, pourquoi manquent-t-ils de créativité dans le cinéma français et pourquoi les films français parlent-ils si peu aux jeunes ?

Réponse : C’est toujours difficile d’être prophète dans son pays. Les jeunes Français ont le regard tourné vers l’Amérique. (C’est le cinéma français qui est ringard et non l’idée de la France). Là je me suis planté, ce n'est pas cela que je voulais dire mais ceci : Ce n'est pas le cinéma français qui est ringard mais l'idée qu'on se fait de la France
Le cinéma nous parle de ce que nous sommes.
.

Si on admet que votre remarque est juste, ce que je conteste en partie, le "ringardisme" pourrait aussi s’expliquer par le fait que notre cinéma est financé par les télés. Les télés n’aiment pas le risque. Notre cinéma parle une langue qui n’est pas parlée dans le reste du monde, par comparaison à l’anglais. On n’encourage pas la prise de risque chez nous. Maintenant si on prend certains films français et qu’on les américanise, on s’apercevra qu’ils deviennent plus attrayants. Mais je regrette de dire que je trouve qu’il y a de bons films en France.
Je ne citerais que "L’Esquive" qui a eu du succès et "La Vie est à nous!" de Gérard Krawczyck qui était très bon pour moi, mais qui n’a pas eu de succès. Pour me résumer, le cinéma français est loin d’être aussi mauvais qu’on se plaît à le dire.
Je pense qu’il faut le regarder autrement et sans doute avoir une meilleure opinion de nous-mêmes.

Le script complet du chat : cliquez ici

Le Site du Nouvel Observateur : cliquez ici



Chiara Penzo accueille Jean-Jacques Beineix


Pas le temps de lire la dernière édition du Nouvel Obs...


Beaucoup de questions sur "37°2, le matin"... et le prochain film !


... Bon et bien, au revoir M. Beineix, à demain !

lundi 17 avril 2006

Rencontres-dédicaces

Jean-Jacques Beineix "tourne" !... Il rencontre le public et signe les deux tomes de L’Affaire du siècle :


samedi 13 et dimanche 14 mai
Les Imaginales – EPINAL

jeudi 18 mai
Librairie Ombres Blanches – TOULOUSE

mercredi 31 mai
Librairie Album Bercy – PARIS

vendredi 2 juin
Librairie Dialogues – BREST

samedi 3, dimanche 4 et lundi 5 juin
Etonnants voyageurs – SAINT-MALO

jeudi 15 juin
Fnac NANCY

vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 juin
L’Eté du livre – METZ




Jean-Jacques Beineix en signature à la Fnac Montparnasse, vendredi 14 avril

À tes 20 ans, mon amour

Betty n’a pas pris une ride. Ses petites robes courtes, ses sacs, ses fringues multicolores, ses corolles en skaï mauve et sa révolte ne dépareraient pas les fleurs rebelles des cités d’aujourd’hui.

Zorg et sa Mercedes jaune, son manuscrit en caisse, talent au chaud, et son incommensurable fascination pour la passion, est un contemporain qui cherche un abri. Et comme beaucoup, il rêve de prendre le large, de cingler vers l’Amour passion, en avant toute, en quête d’un bonheur impossible, horizon de toujours.

Le manuscrit de Philippe Djian, envoyé par Betty Mialet, est arrivé à point. Cette histoire d’amour, de mort et de création, sur fond de coucher de soleil, quelque part dans un village de planches face aux embruns où un manège tourne en bordure de plage, est éternelle.

Béatrice Dalle, cette toute jeune inconnue à la chauve-souris tatouée sur l’épaule, toute pulpeuse, toute amoureuse incarne l’héroïne du roman. "Comment tu veux que je t'aime moi, si je peux pas t'admirer ?" dit-elle à Zorg, que j’ai baptisé ainsi, lui le récitant anonyme du livre, héros de cette histoire folle.

Mouvement perpétuel de la vie : la roue tourne, les bobines de film aussi, dans les cabines de projection des salles de cinéma… "37°2" a toujours vingt ans et les jeunes gens qui le découvrent ne sont pas plus vieux. Les cinq notes de Gabriel Yared, déchiffrées d’une main par Jean-Hugues Anglade, acteur unique, trottent à nouveau dans nos têtes et ne veulent plus les quitter.

"La chance nous a donné rendez-vous quelque part, il ne faut pas la rater." dit Betty à Zorg.
À tes vingt ans mon amour.



Le site anniversaire de 37°2, le matin : cliquez ici

vendredi 24 mars 2006

Salon du Livre, stand du Diable Vauvert

Le Salon du livre ferme ses portes, on remballe les bouquins, des clients attardés se hâtent pour un dernier achat, un dernier livre, pour les doutes. J'ai fait trois séances de signatures, une petite centaine d'albums. J'ai rencontré des gens qui aiment mes films, ne savent pas que je fais de la bande dessinée, ils me demandent : “quand on va voir un nouveau film”. D'autres qui achètent les deux tomes d'un coup, pour la curiosité, pour mes films. Des grands parents pour leurs petits enfants "qui adorent la BD", je frémis. Des couples qui se font dédicacer mutuellement les albums, d'autres qui ont lu le premier tome et veulent lire le second. On me prend beaucoup en photo, - qu’est ce qu’ils vont foutre de toutes ces photos -, ce n'est pas un travail fatigant.
On me donne des CV, on s'enquiert encore de mes prochains films, on me propose des scripts, des sujets de reportage, je parle avec les auteurs du Diable. Marion Mazauric, l’éditrice, est habillée en fille, une mini en cuir avec un pull rose. Très sexy.
Je reviens d’un tour sur le stand Fayard saluer mon éditeur Raphaël Sorin. Dans un mois nous ne nous quittons plus, je lui remets le manuscrit du premier tome de mon livre de mémoires de cinéaste. On a du travail en vue.
J’ai une pensée pour Pascale Roze, mon amie, elle vient de publier son dernier livre, - L'Eau Rouge – Ed Stock - Pascale me fait penser à Echenoz, elle ne fait pas plus de compromis que lui. Elle aussi a eu un Goncourt.
Je suis interviewé par des étudiants, au fil de l'interview, je me rends compte qu'ils ne me connaissent pas, ils n’étaient pas nés quand Trente Sept Deux le Matin sortait. Je n’éprouve pas l’envie de leur dire ce que je suis, ils interviewent les auteurs, au gré des allées, des rencontres – devoir de classe – j’aimerais qu’ils lisent mon livre, plus tard, je réponds scrupuleusement à toute leurs questions.
Je vois passer Jean Echenoz, longue silhouette discrète en manteau de loden; il sourit. Élégant, il peut avoir l'air heureux, Ravel, son dernier livre est sans doute son meilleur et comme les autres étaient déjà remarquables, je me dis que j'aurais au moins vu passer un vrai écrivain. C’est l’heure du grand remballage, je prends congé de l'équipe du Diable, j'aime leur simplicité. Suite au prochain épisode, Salon d'Epinal. Dehors, il pleut, quelques degrés de moins et ce serait la neige. Le Printemps se fait attendre.
Je voulais emmener ma fille, elle aime déjà les livres, elle a quatre ans et demi, mais elle a de la fièvre, alors moi aussi j'achète vite un petit livre pour elle, sur le dessin, un dernier avant la route en moto sous la pluie.

Ps : on attend toujours les comptes de Glénat.


Le stand de l'éditeur Au diable vauvert


Les cinéphiles attendaient déjà ...


En interview pour France 3 Sud


... Le sujet a célébré les 5 ans du Diable !


3 séances de dédicaces pour cette édition 2006 du Salon du Livre de Paris


Interview improvisée pour de jeunes journalistes en ligne


La nocturne du mardi 21 mars a été un grand succès !

jeudi 23 mars 2006

Le mardi, c'est Nouvelles Technologies !

Mardi 21 mars, participation à Générations – Europe 1, de 23 heures à minuit.

Journalistes : Cathy Nivez, Benjamin Vincent, Pierrick Fay.
Invités : David Bitton (Wengo) ; Eve Moreau et Christophe Ducamp (La Fête de l’Internet) ; André Bernard Vidi (PC Magazine).

E1 : Bonsoir Jean-Jacques Beineix, on est très heureux de vous accueillir ce soir dans « Générations Europe 1 ». Vous êtes, on le sait, un fan des nouvelles technologies, mais vous êtes en fait un homme à plusieurs casquettes : bien sûr, réalisateur de cinéma – quasiment tout le monde a vu « Diva » ou « 37°2, le matin », mais vous êtes aussi producteur, dialoguiste, scénariste – scénariste de bande dessinée, on y reviendra tout à l’heure. Mais j’aimerais avoir tout de suite votre avis sur le vote des députés en fin de journée, sur la fameuse loi DADVSI sur les droits d’auteur. Catherine nous le disait, il n’y avait quasiment plus de suspens, et les députés ont adopté ce texte très controversé… Qu’est-ce que vous en pensez ?
JJB : mais moi je suis le représentant des low technologies ici…
E1 : C’est-à-dire ?
JJB : low technologies : les basses technologies, les vieilles technologies, celles du cinématographe, celles des droits d’auteur etc. Donc ça nous pose d’énormes problèmes, et on est dans un marché qui, au niveau des comportements, des nouvelles attitudes, des machines, des nouveaux pouvoirs, des nouvelles monnaies, des fausses monnaies, est tellement destabilisé, que notre profession est obligée de prendre des précautions par rapport à un marché qui, potentiellement, la ruine.
E1 : La licence globale, c’est un concept qui vous a fait peur ?
JJB : Bien sûr !
E1 : …le droit de télécharger tout ce qu’on veut, pour quelques euros par mois…
JJB : Bien sûr parce qu’elle n’est absolument pas clarifiée quant à la répartition, quant à la manière dont elle va être mise en place…


Lire l'interview complète : cliquez ici



Jean-Jacques Beineix – Cathy Nivez – Benjamin Vincent


Jean-Jacques Beineix – Benjamin Vincent - Cathy Nivez


Jean-Jacques Beineix – Benjamin Vincent


David Bitton - Jean-Jacques Beineix

mardi 14 mars 2006

Chat avec les internautes de Cdiscount

Retranscription du chat qui s’est déroulé le mercredi 22 février sur www.cdiscount.com

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Jean-Jacques Beineix !

Bonsoir à tous.

MenphisSlim : Pourquoi avoir voulu te lancer dans l'aventure de la BD ?

Pourquoi pas, c'est un moyen d'expression que je découvre en utilisateur donc j'apprends et je progresse.

bluesy : Comment vous avez eu l'idée de cette BD ?

C'était un scénario, un livre de Marc Behm d'abord, une longue histoire qui a pris vingt ans avant de devenir une bd.

HellsBells : Salut Jean-Jacques quelle est l'humeur et le ton de cette BD ?

Comédie policière de vampire, ton délibérément burlesque.

emmanuel : Abordez-vous l'écriture d'un scénario de bande dessinée comme un scénario de film ou existe-t-il selon vous des particularités incontournables? Merci.

Je n'ai aucune habitude puisque je débute, je sais que plus le temps passe, plus je vais pouvoir mieux utiliser l'espace des cases et des enchaînements.

fabien : Bonjour, encore une histoire de vampire, même si le premier tome arrivait à se démarquer des autres productions. Ne pouvons-nous pas en 2006 arriver à créer des nouveaux héros, des nouveaux mythes ?

Mais le propre des mythes justement c'est de permettre de s'adapter à toutes les époques. Ce qui compte c'est un regard différent à partir d'une mythologie connue.

JackW. : Je crois que tu es allé au festival d'Angoulême. Qu'en as-tu pensé ? Quelles sont les bd que tu as appréciées ?

Angoulême est une ville que je connais depuis mon enfance, c'est la première fois que je la vois sous la neige. Le regard du cinéaste ne peut pas faire abstraction de l'angle différent que la BD lui offre, il faut donc transposer.

cds : La BD avec un regard de réalisateur de cinéma ? C'est une approche différente du 8ème Art

Les deux genres se regardent et se complètent. Passer de l'un à l'autre offre une nouvelle source d'inspiration pour moi, je ne fais que commencer.

yanndanh : Bonjour M. Beineix, j'aurais souhaité savoir si le projet de faire un film de "l'affaire du siècle" est définitivement oubliée ou y'a un t’il encore une chance? Cordialement, Yann.

Non, mais je ferais volontiers un film d'animation, 2 ou 3 D, je ne sais pas encore.

patacha : Quelles difficultés avez-vous rencontré en tant que réalisateur passant à la BD ?

Oublier le cinéma, ne pas rester dans la béatitude et la contemplation des dessins de Bruno de Dieuleveult, et commencer à trouver une nouvelle manière de m'exprimer. C'est une toute nouvelle aventure qui commence pour moi. J'ai envie de continuer, je travaille pour cela.

bingo : Pourquoi les BD adaptées au cinéma donnent toujours des catastrophes absolues ?

Pas toujours mais il est vrai qu'il faut trouver le ton juste, l'art de la transposition, comment restituer quelque chose qui est "figé"pour lui donner le mouvement. De quoi bien se casser la tête, mais peu à peu j'entrevois de nouvelles voies qui me donnent vraiment envie d'aller plus loin, d'autre part, cela sert aussi mon regard de cinéaste, mes prochains films auront sans doute gagné grâce à la BD. C'est une grande chance de pouvoir passer de l'un à l'autre notre époque offre aussi des outils extraordinaires. Il faut les connaître et les apprendre.

julien77 : Avez-vous demandé des conseils pour réaliser cette BD et si oui, à quels auteurs ?

Le jeu consistait à se lancer, je travaille avec quelques personnes qui dessinent depuis toujours, je ne voyais pas la nécessité d'avoir un tuteur, je préfère apprendre de mes propres fautes personne ne peut se mettre à la place de celui qui a écrit. Par ailleurs Bruno dessine tous les jours depuis son enfance, j'aimais son style mais je sais que je ne procèderai plus de la même manière pour la suite.

BlinG : Quels sont les auteurs de BD que tu apprécies ? Que lis-tu en ce moment ?

Je relis Tanuguchi " Quartier lointain" je trouve que c'est magnifique. J'ai lu le petit bleu de la côte, aussi l'histoire de cette femme qui s'invente une bio, un peu conceptuel et chic pour moi.
Je recherche les vieux Bob et Bobette, pas ceux qui ont été odieusement colorisés, j'aime aussi lire les ouvrages théoriques. Mac Cloud, Eisner et puis tous les bouquins qui me tombent sous la main et qui parlent de technique.

BigSur : Je te suis attentivement sur ton blog. Que penses-tu de ce nouveau médium ?

Là aussi j'ai mis du temps, je ne voulais pas faire les choses à moitié lors du premier tome, j'avais commencé et puis j'ai laissé tombé, pas le temps, maintenant ça commence à prendre tournure, mais là aussi il faut trouver son style, c'est un travail d'écriture. J'ai envie de parler aussi d'autre chose que de BD ou alors de remettre en perspective ce qui se dit dans la BD avec l'actualité. Le cinéma fait un peu la même chose mais la BD est plus réactive surtout la caricature et le comics. En fait j'aimerais bien mélanger blog et comics, je dois prendre confiance en moi.

Bab : Bonsoir ! Vous vous êtes exprimé sur les caricatures sur votre blog, est-ce que vous allez davantage l'ouvrir à des questions de politique et de société ?

Oui! je ne pense pas que l'on puisse rester muet devant ce qui se passe, je viens d'une génération qui s'est battue pour obtenir certains droits à la parole. Je refuse d'abdiquer devant le chantage totalitaire, aucun artiste ne peut accepter ce qui se passe, les menaces qui ont été faites aux dessinateurs danois me sont faites à moi-même, et à tous ceux qui veulent continuer à lire et à s'exprimer.

xboy : Quel est l'adresse du blog ?

www.laffairedusiecle.com

CHiarra : Tu penses quoi du succès des Bronzés 3 ?

Que le soleil brille pour eux, mais on peut aussi trouver une place pour autre chose, c'est un phénomène générationnel, la chronique d'un succès annoncé, je ne l'ai pas encore vu.

mhamed : Pensez-vous avoir été un précurseur dans la manière de "raconter" un film. Vous reconnaissez-vous dans le cinéma actuel ?

Je ne me sens précurseur de rien, seulement le fait que je regarde mon époque, je la regardais hier, je la regarde aujourd'hui. Ce qui se passe c'est que je maîtrise mieux la technique et que j'ai plus envie encore de métaphore et d'image, je suis aussi en colère.

Mac : Dis Jean-Jacques, tu reviens quand au cinéma ?

L'année prochaine. Un film sur la peinture, les faussaires, la littérature et le sexe, comment un homme devient amoureux grâce à un livre et au regard d'une femme sur ce livre, un polar avec quelque chose de fantastique, la possibilité de faire se répondre aussi peinture et littérature, dans un suspens.

mhamed : Avez-vous le sentiment d'être ou d'avoir été marginalisé par la"grande famille du cinéma français". Pourquoi ?

Je me moque éperdument de ce que l'on pense de moi, en revanche, selon que l'on pense ceci ou cela, les choses deviennent plus ou moins faciles. Je n'ai pas le sentiment d'avoir eu la vie facile mais c'est le prix de mon indépendance.

Trendy : Que penses-tu de cette tendance du cinéma américain avec la sortie actuelle de nombreux films très politiques comme The Constant, Gardener, Syriana, Lord Of War, Jarhead… Les as-tu vu et penses-tu que les cinéastes français pourraient s'engager dans ce type de films ? Merci.

Je devais aller voir Syriana hier mais j'étais trop fatigué. Ce n'est pas une mode, nous sommes en guerre et le cinéma traduit cela, c'est aussi stimulant qu'inquiétant.

Maxou : C’était bien chez Cauet ? Raconte un peu !
Fabio : Un peu dur quand même de passer chez Cauet (à la télé) ?

NON ! Je préfère Cauet à des tas de crétins sérieux qui se prennent la tête et qui me gonflent. Au moins chez lui pas d'hypocrisie et il ne cherche pas à te piéger, si je veux me piéger je sais chez qui aller.

sarah : Vous-pensez quoi du panorama cinématographique actuel ? Vous respectez qui en tant que réalisateur ?

Kubrick, Kubrick, Kubrick, mais plus généralement tous ceux qui ont un style à eux et qui ne cherchent pas à plaire.

nicolasmag : Bonjour, la question concerne vos films qui seront seulement édités dans quelques mois en DVD, dont le film Roselyne et les lions. La question est : trouvera t-on sur le DVD la version longue du film ? Merci pour votre réponse et votre travail.

NON! Aucune version DVD pour l'instant, seules celles que nous sommes en train de faire, ont mon imprimatur.

sarah : Vous avez dit qu'il y avait plus de recherche cinématographique dans un clip de 3 minutes que dans un film d'une heure 1/2 ça veut dire quoi pour vous ? Qu'il faut condenser ou que l'on brode trop ?

C'est une phrase qu'il faut prendre avec nuance, souvent je vois des clips qui ont une recherche formelle et contextuelle assez aboutie, mais ils n'ont pas non plus à répondre au même cahier des charges. Je voulais aussi dire que le cinéma avait tendance à s'autoformater mais le financement par la télé explique aussi cela, le besoin de faire des succès, la peur des distributeurs. On vit dans un monde de lâches et j'ai envie de mettre quelques pains.

Robbie : Toujours fan de Mac?

Plus que jamais, ils annoncent le 28 des nouvelles machines. Yep!

marnais : Comment l'univers de la BD vous a-t-il accueilli ?

Ca dépend de qui on parle, les artistes chaleureusement, du moins ceux que j'ai rencontrés ensuite, certains s'en foutent et d'autres sont carrément hostiles mais j'aime assez l'hostilité, surtout quand elle devient intégrisme. En fait ça me dépasse que des mecs qui détestent ce que tu fais, perdent leur temps à venir poster sur ton site. En fait, je crois qu'ils aiment qu'on leur tienne tête, plus personne ne tient tête à personne alors je trouve ça plutôt marrant, voire hilarant et j'apprends aussi beaucoup de choses, dans le fond, je crois que certains m'aident à ne pas m'endormir, il y a aussi des cons, mais ceux là on les zappe.

BigSur : Beaucoup de professionnels du cinéma évoquent la difficulté en France de traiter de sujets politiques sensibles ? Est-ce ton sentiment ?

OUI, je ne crois pas que l'on puisse faire un vrai film politique dans ce putain de pays et c'est pour cela qu'il va si mal, entre autres. Tant que l'on n'aura pas pris son courage à deux mains pour dire et montrer la société telle qu'elle est-on va perdre beaucoup de temps. C'est pour cela que je suis allé faire un tour du côté du documentaire

guilbault thierry : Gaspar Noé est politiquement incorrect non ?

Gaspard est sans doute l'un des seuls qui aille au bout de la provoc, au moins la sienne… C'est un ami.

Tara : J'ai l'impression que le chat est quelque chose pour toi d'assez important. Why ?

Parce qu'on voit rien arriver, qu'on doit aller vite, suivre un rythme. C'est un combat de boxe, mais je ne sais jamais ce que les modos font dans mon dos. Toute la question est là.

Lofi : Quelle est votre approche quand vous faites un DVD ? Vous investissez-vous dans sa création : nombreux bonus, Making of, les vrais coulisses… Merci.

Malheureusement, depuis que je suis devenu producteur, je dépense tout ce que je gagne dans mes films, donc je fais la même chose avec les DVD. Je suis donc condamné au succès, tout en ayant l'obligation de rester libre, équation du 10e degré.

Iuta : Ca te fait quoi d'avoir bientôt 60 ans ?

La vie commence à soixante ans, et je le pense vraiment.

Lofi : Quelles sont vos passions à part le cinéma et évidemment, la BD ?

Piano moto, littérature, musique, celles des grands compositeurs, la peinture; les gens qui vont dans l'extrême, et par-dessus tout, ceux que Camus appelait les Justes! Les femmes, le vin, la générosité.

Trendy : Est-ce qu'on peut savoir qui sont les acteurs de ton film qui sort l'année prochaine ?

NON, je ne décide qu'au dernier moment mais il y a des gens avec lesquels j'aimerais tourner, par ex : Gad Elmaleh.

guilbault thierry : Vous avez attaqué Canal + sur le 5.1 de 37.2 ?

NOn, sur celui de DIva, ils ont remixé le film qui était en mono pour en faire un 5+1 pourri. Mais dans le monde dans lequel on vit et avec la justice qui est la nôtre, il faut avoir du courage pour aller les chercher. je le fais tout de même. Il adviendra ce qu'il adviendra, j'écris un livre et je raconterai, quoi qu'il arrive tout.

sarah : Vous-pensez quoi du prix des places de cinéma ?

Si je regarde le prix d'un journal, je me dis que c'est pas si cher, si je regarde le prix d'un litre de super, le prix d'un café. Bref, on oublie tout ce qu'il faut pour faire un film mais as-tu remarqué combien coûte un cornet de pop corn ?

Modus : Est-ce que les gens vous aiment en général ?

Quelques-uns et c'est largement suffisant.

Merci beaucoup Jean-Jacques Beineix, le mot de la fin ?

Il faut sortir d'un virage plus vite que l'on y est entré.





© photos : Laurent Bochet

vendredi 10 mars 2006

Escale à Tours.

Mercredi 8 mars 2006. Le miracle d’une journée pluvieuse... et chaleureuse.
12h30, interview avec Philippe Martinet, du Courrier Français. 13h15, déjeuner avec le directeur de la Fnac de Tours, Thomas Wauquiez, et Christian Pauvert, qui animera la rencontre. Plus tard on parlera football... 15h, interview avec Jacques Bertin de La nouvelle République du Centre-Ouest. A 16h la rencontre publique commence. Une vingtaine de personnes attendent dans le forum. Encore une fois, le public est attentif et concerné... Quelques personnes étaient déjà venues lors de la présentation du tome 1 ! Dédicaces... puis c’est le retour sur Paris. Il y a des jours comme ça qui sont un vrai feu de paille... et sous la flotte en plus !


Rencontre Forum Fnac Tours.


Jacques Bertin - Jean-Jacques Beineix.


Jean-Jacques Beineix - Christian Panvert.



mardi 7 mars 2006

Une journée ailleurs ... en Avignon.

Rendez-vous Paris Gare de Lyon à 7h40. Samedi 4 mars.
Retard, changement de rame, de siège, de train. Plus d’une heure de retard au départ. La Grande Vitesse demeure un mythe technocratique, la réalité doit composer avec les impondérables.
Je revois l'Ultime razzia de Stanley Kubrick. Premier film d'un jeune cinéaste de 28 ans. Magistral.
À l'arrivée, un air parfumé, tiède et vibrant nous frappe le visage et les narines. Contraste saisissant avec l'atmosphère humide, nocturne et glacée dans laquelle j'ai laissé ma moto à Paris.

Visite chez les frères Cataldo, Gilles et Marc, à la librairie l'Analphabète. Loin des polémiques, une réception chaleureuse, simple et cordiale. Il existe d'autres manières de parler BD que celles des sectaires. C'est l'expérience à laquelle nous convie la librairie l'Analphabète.
L'action de Gilles et Marc Cataldo me rappelle celle de certains animateurs de cinéma d'Art et d'Essai, c'est la même passion pour leur média, mais aussi le reste de l'art, en général, la même ouverture d'esprit, la même curiosité pour tout ce qui existe, tranche, contraste et épate dans le monde en ébullition de la Bande Dessinée.
Art Majeur, certes, la bande dessinée tarde à prendre la place qu'elle devrait tenir dans la société médiatique. Cette place, elle l'occupe dans les milieux autorisés, chez les amateurs, mais combien de fois n'avons-nous pas entendu cette phrase : « moi, la BD je ne connais pas, j'accroche pas, je ne suis pas, j'en ai lu quand j'étais gosse ».
Pourquoi ce rejet ordinaire et coutumier alors qu'ils existe un tel choix, tant d'auteurs, une telle diversité de genres et de styles… ?
Ne serait-il pas temps que certains balaient devant leur porte au lieu d'accuser l'ingratitude du monde...

Dans l’après-midi, long entretien avec un public très attentif.
La petite salle attenante à la librairie est bondée. Il y a encore des auditeurs debouts, dans l’encadrement de la porte, qui resteront ainsi plus d’une heure.
L’Affaire du siècle regorge d’anecdotes, 23 années d’anecdotes pour être précis. Marc Cataldo donne l’impulsion en quelques questions, et on parle autant cinéma, Hollywood, acteurs que BD, édition et personnages. Tout cela est entremêlé... et se révèle plutôt drôle au final. Une petite fille, assise sur ma droite, me reprend quand j’emploie des « vilains mots »... L’audience a de 7 à 77 ans, et l’échange est intégral. Damien Garrel, journaliste de Radio Raje ne baisse pas son micro de toute la séance, exploit... et c’est la naissance d’un partenariat média inattendu !

La séance de dédicace, avec les ex-libris de Bruno de Dieuleveult, est toute autant chaleureuse. Chaque auditeur prend sur lui de se livrer un peu plus dans cet échange « seul à seul ». Les belles rencontres se succèdent jusqu’à l’heure de fermeture de la librairie : Vivien, le lecteur aux 20 BD par jour et son ami Fabien, qui vient de « tomber dedans », M. Charles Moreau – qui a des choses à me dire, le Facteur de pianos – singulier Monsieur, M. Vincentelli – de la salle de cinéma Le César à Apt, la délicieuse Véronique – présente dès notre arrivée (en retard) à midi...

Outre l’accueil des Frères, l’accueil presse reste aussi mémorable.
Retrouvailles avec Michel Flandrin, pour un direct de France Bleu Vaucluse, où un dialogue s’instaure autour de L’Affaire du siècle. Quel plaisir d’être lu, comme ça. Et un agréable entretien mené par Emmanuelle Chavet, du quotidien La Provence.

Impossible de quitter une telle librairie sans faire son panier, je prends les albums de Taniguchi « Le Gourmet solitaire » et « L’Homme de la Toundra ». Ce serait dommage de ne pas profiter des conseils de Marc Cataldo, je repars avec – entre autres –, « Okko, le cycle de l’eau » (Hub), « Poison – t1 » (Astier), « Big Bill est mort », « Un paradis distant » (Antunes, Taborda)…

Retour en TGV, à la dernière minute.
La neige ralentit la marche du train à Grande Vitesse, elle se mue en lente progression.
Prochain arrêt, Tours.


Un train prévu à 7h54 qui part à 9h05, après avoir fait déménagé 3 fois l’ensemble de ces passagers ... Et hop, on remplit son petit coupon de réclamation !


Arrivée à la librairie L’Analphabète d’Avignon. "L’Affaire du siècle" est à l’honneur !


Et voici les célèbres frères Cataldo !
Gilles et Marc entourent Jean-Jacques.


Passage dans le paisible studio des « samedis après-midi de Michel Flandrin ».
Marc Cataldo – Jean-Jacques Beineix – Michel Flandrin.


En interview avec Emmanuelle Chavet, de La Provence.
Lire l’article de La Provence.


La rencontre bat son plein... Au premier rang, Damien Garrel, de Radio Raje, enregistre tous les propos de Jean-Jacques.


La signature est l’occasion de rencontres surprise !


Voilà 2 piles qui n’existaient plus à 19 heures ... Les ventes ont couronné une journée déjà pleine de succès !


Entre Paris et Avignon, de longs décors neigeux ont assuré la transition ...


Vidéo 1 : cliquez ici


Vidéo 2 : cliquez ici


Vidéo 3 : cliquez ici


Vidéo 4 : cliquez ici


Vidéo 5 : cliquez ici

jeudi 23 février 2006

"L'Affaire du siècle", ses libraires et ses lecteurs.

On s’est trop souvent gaussé sur le forum que "L'Affaire du siècle ne marchait pas", "ne plaisait pas", "ne se vendait pas", "n’était pas soutenu" ... Rien de plus faux quand on sait comme les amateurs de ciné aiment L’Affaire du siècle, et comme les aficionados de Beineix, aussi. Et ça fait du monde. Et parfois ils sont libraires.
Pour renforcer ces liens de confiance avec les libraires, www.laffairedusiecle.com ouvre un petit jeu souriant présentant les vitrines et la mise en place de ceux qui nous montrent et de ceux qui nous reçoivent (une vingtaine de villes d’ici à l’été !).
Ces photos, et les coordonnées des lieux, seront mises en ligne ici.
Envoyez vos propres contributions !… Votre libraire du coin de la rue présente L’Affaire du siècle ? Où est-ce le supermaché bondé de vos samedis après-midis ? Envoyez-nous une photo, et qui sait si une séance de dédicaces ne s’organisera pas chez vous… Contactez nous : cosmiccom@cargofilms.com

Commençons dès à présent par le début de l’histoire… C’est-à-dire la Place Clichy, c'est là que ce satané Brand choisi pour faire son come-back dans le monde ! La librairie de Paris, Place Clichy dans le 17ème, à deux pas de Pigalle, vous propose L’Affaire du Siècle près de la caisse (son rayon BD n’existe plus – il a été « démantelé » par des gens mal intentionnés…). C’est une vraie librairie traditionnelle où vous serez très bien conseillé. Faites-y un petit tour !

Le site web de la Librairie de Paris









En direct de Star Mag, sur TPS.

"Les lumières sont belles" nous dit Alexis Douay, le programmateur de Star Mag ... Il n’empêche, Jean-Jacques Beineix ne se fait pas maquiller sur les plateaux de télévision et affiche une nouvelle fois un teint de jeune homme !
L’équipe de Star Mag débat quotidiennement de l’actualité cinéma, en salles et en DVD, sur TPS entre 19h50 et 20h50.
Le plateau étincelant, blanc et fuschia, niché dans les studios VCF de Saint-Cloud. L'émission est tenue avec maîtrise par Sophie Soulignac, Carlos Gomez et les chroniqueurs Marie Barraud et Laurent Marchi.
… Attendez de voir le 5ème album !
Star Mag fait une place d’honneur à "Vampire à louer", jusqu’à mettre en scène des vignettes doublées par les voix des journalistes… un peu craintifs de froisser l’auteur : que nenni, effet garanti ! On reparle de feu L’Affaire du siècle – le film, et de ses multiples castings qui laissent rêveur… Jeff Goldblum, Darryl Hannah, Robin Williams pour les américains… Gérard Depardieu et Nastassja Kinski aux origines, Jean Reno et Cameron Diaz pour récemment …
Je suis dans la norme des bons !
Sophie Soulignac s’enquiert du désir de cinéma de l’invité, jeune auteur de B.D… Tourner peu mais bien a été le privilège de nombreux réalisateurs, Akira Kurosawa, Stanley Kubrick… ! On passe un extrait de "37°2, le matin", qui va avoir 20 ans et bénéficiera en mai d’une nouvelle sortie DVD collector. Un tel film est-il "encombrant" ? C’est l ‘émotion qui prend le dessus. Celle de voir la contemporanéité du personnage de Betty, une jeune fille qui est l’incarnation de la révolte. Avant la crise, car 1986 était bien déjà une autre époque et pourtant… Les grandes histoires d’amour sont tristes, mais plutôt mourir que de ne pas les vivre !




Marie Barraud - Jean-Jacques Beineix - Sophie Soulignac - Laurent Marchi


Marie Barraud - Jean-Jacques Beineix


Sophie Soulignac - Jean-Jacques Beineix


Carlos Gomez - Jean-Jacques Beineix

mercredi 15 février 2006

"Plein cadre", France Bleu

Mercredi 15 février - 20 heures ... "Il fait nuit, il pleut, il fait froid; j'avise une grande flaque d'eau noire sur le parking, en reflet: la maison de la radio et la grande affiche avec le perroquet de France Info, des gouttes de pluie troublent le reflet, je ferais bien une photo, j'ai toujours un appareil sur moi, mais Elodie SUIGO m'attend, je ferai la photo en sortant, parti comme c'est, il pleuvra encore.
Deux heures plus tard, j'ai oublié la photo. Moralité : il faut toujours prendre la photo quand elle se présente à vous.
Mais dans les locaux de France Bleu, au deuxième étage de la Maison Ronde, les journalistes et techniciens de radio sont joyeux, sur des écrans on voit des patineurs de vitesse. On dirait des personnages de manga avec leur combinaison de couleur vive."


L’accueil d’Elodie Suigo est immédiatement placé sous le signe de la rencontre entre "l’admiratrice" et "le réalisateur".
Ce soir on va aussi parler de CosmicConnexion! La grande soirée d'Arte produite par Cargo Films.
N'en oublions pas pour autant nos vampires, « Vampire à louer, tome 2 de L’Affaire du siècle » !

Au flash de 20 heures, tombe cette nouvelle qui a un retentissement particulier… Anna Marly, compositrice du célèbre « Chant des partisans », vient de décéder à 88 ans, en Alaska où elle résidait… Cette chanson, on l’a demandée, on l’a passée, justement interprétée par elle, sur France Culture il y a 10 jours, avec Francesca Isidori…

NEWS YAHOO sur la disparition d’Anna Marly : cliquez ici

Chant des partisans
Paroles: Maurice Druon, Joseph Kessel. Musique: Anna Marly 1944
© Editions Breton 1944
autres interprètes: Germaine Sablon, Bordas, Yves Montand, Johnny Hallyday

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...





Elodie Suigo - Jean-Jacques Beineix

Extraits de l'entretien avec Elodie Suigo "Plein Cadre" : cliquez ici

vendredi 10 février 2006

NON A LA MENACE INTEGRISTE

Que de foin pour quelques dessins. La lâcheté et la couardise de beaucoup de nos contemporains n'étant plus à démontrer, on ne peut que se féliciter que quelques dessinateurs rebelles aient pris leur crayon pour railler des pratiques barbares et insoutenables.
AUCUN DIEU N'A JAMAIS VOULU LA MORT DE QUICONQUE, SEULS DES HOMMES FONT PARLER DIEU ET ACCOMPLISSENT LE SACRILÈGE DE TUER EN SON NOM.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, je me félicite de l'attitude de CHARLIE HEBDO qui a osé reproduire les dessins - et j'engage tous les libres penseurs à le soutenir en achetant le journal par pleines brassées. Ce n'est pas un acte de provocation, sinon pour les sectaires totalitaires, c'est un acte d'insoumission aux barbares. En revanche, c'est un signe fort pour tous les hommes libres et particulièrement ceux des nombreux musulmans qui subissent la terreur intégriste.

Il existe encore des hommes courageux, je ne peux que me sentir frère et solidaire de toutes celles et de tous ceux qui, dans le monde arabe et partout ailleurs, veulent exprimer leur liberté de penser et de dire.

Non aux menaces, non au chantage, non à la dictature théocratique, d'où qu'elle vienne.

jeudi 9 février 2006

Les Affinités électives de Jean-Jacques Beineix ...

... par Francesca Isidori (France Culture).

Un proverbe japonais dit que celui qui monte une fois au sommet du mont Fuji est un sage mais que celui qui y remonte est un fou.
Lui, il en est au moins, à sa troisième ascension, ce qui le ferait basculer dans la catégorie des fous récidivistes. Cinéaste, scénariste, dialoguiste, producteur, son premier long métrage DIVA en 1981 a été un coup de tonnerre dans le ciel plutôt serein du cinéma français, boudé par une grande partie de la critique, ovationné par le public du monde entier, tout comme "37° le matin", sorti en 1986.
Ses films plutôt rares (6 en 25 ans) ont toujours divisé : on les aime ou on les déteste, les uns s’enthousiasment, les autres s’agacent, les uns admirent l’audace d’une trajectoire atypique, les autres lui reprochent une esthétique outrancière.
Même lorsqu’il se tourne vers le cinéma documentaire il continue de soulever les controverses.
Depuis 2004, avec "L’Affaire du siècle", dont le deuxième tome vient de sortir, il a fait son entrée dans le monde de la BD : va-t-il encore provoquer des soubresauts avec ses histoires de vampires ? Dents sensibles s’abstenir !







Francesca Isidori - Jean-Jacques Beineix

Un Tchat' avec L’Internaute

Mercredi 8 février… Beau soleil d’hiver qui parvient à s'imposer à des nuages en vadrouille au-dessus du champ de course d'Auteuil.
Idée saugrenue : faire le Tchat’ en terrasse, avec une boisson gazeuse non sucrée ...
Aussitôt arrivé, aussitôt accueilli par 4 web masters et mistresses, plus une photographe !
Drôle d’ambiance, un peu comme dans le début de ce célèbre film d’anticipation (Alphaville, ça vous dit quelque chose?), on est (presque) seul dans une pièce, et on peut parler à tout le monde, à n’importe qui… Assis devant un ordinateur portable, tout se joue dans ce lieu isolé et pourtant multiconnecté.
Minimaliste, deux ordis portables se font face, une webcaméra, en plongée sur le chateur.
Cornegidouille! deux PC, il va falloir taper là-dessus? Bon, ce n’est pas la première fois. L'ergonomie du clavier est un peu différente. Le toucher est correct, pas aussi fin que celui du G4 Power Book. Je ferai avec.
Les questions ne cessent de tomber sur l’écran, ça commence avec « L’Affaire du siècle, Vampire à louer ». Les questions cinéma s’accumulent, Béatrice Dalle, Jean-Hugues Anglade sont des noms qui reviennent… Les internautes s'interrogent sur les acteurs, les coulisses, Hollywood !… Les machines s’échauffent quand le sujet de la licence légale arrive sur le tapis. Ce ne sont plus seulement des questions, mais des affirmations, des réponses aux réponses. Des internautes se plaignent « et ma question de 14H05, alors ??? ». Il suffit d’envoyer « la gratuité n’existe pas » pour que le débit s’emballe totalement !… Tant de messages à faire passer, nous n'avons pas le beau rôle, comment expliquer que tout se paye et que nous sommes le maillon faible, je parle des gens du cinéma, ceux auxquels on prête tout le mal… Autant conclure sur un : « vous comprendrez le moment venu ». Le moment approche, on nous utilise comme produit d'appel, attendez que le client soit bien ferré, les tarifs au poids se profilent déjà. On connaîtra le prix de la gratuité ...
C’est déjà fini… trop court ! La webcam braquée, doublée d’une caméra mini-DV, sans compter quelques flashes, il faut bien immortaliser ces moments de pure virtualité. Je n'ai rien vu passer, j'étais totalement absorbé, les doigts qui couraient sur le clavier, l'avantage du pianiste, l'heure est passée comme un mail qui part sur le logiciel Mail d'Apple, un bruit de flèche qui fait gauche droite, la durée réelle de cette conversation.
Un rendez-vous à reprendre…







Johann Liard - Amélie Charnay - Jean-Jacques Beineix